L’art contemporain est devenu un accessoire de luxe
Les groupes de luxe vise la reconnaissance institutionnelle à travers des valeurs culturelles et le développement d’une identité dans un autre domaine, en l’occurrence l’art contemporain. Ils tentent de soigner par ce biais leurs relations, enjôler la presse et l’opinion. La synergie de l’art et du luxe est considérable. Elle part d’un constat très simple : les deux secteurs attirent les mêmes clients, qui dépensent en moyenne pour l’un ou l’autre des sommes sensiblement équivalentes.
« Collectionner l’art contemporain fait désormais partie d’un style de vie qui attire de plus en plus de gens… », comme l’explique le Suisse Lorenzo Rudolf, ancien directeur de la Foire de Bâle. Aux Etats-Unis et, dans une moindre mesure, en Europe, la « collectionnite » est devenue une mode. Dans un livre sur le marché de l’art, le journaliste Robert Lacey l’expliquait ainsi: « Quand les gens achètent chez Sotheby’s, ils cherchent à satisfaire une variété de besoins. Ils peuvent expliquer leurs motifs en termes de goût, d’histoire, de sentiments, mais ils dépensent essentiellement pour donner une nouvelle dimension à leur vie ; ils enchérissent pour acquérir de la classe. »
Les relations entre art et luxe ne datent pas d’hier. Mais le phénomène connaît une croissance exponentielle. C’est ainsi du moins que le présentait Alain-Dominique Perrin, qui présida à la création de la Fondation Cartier. Selon Alain-Dominique Perrin, PDG du groupe Richemont, entre 1984 et 1997, son entreprise a investi de 30 à 50 millions de francs (4,5 à 7 millions d’euros) par an dans l’art contemporain.
A Paris, la Foire Internationle d’Art Contemporain, a souvent flirté avec le luxe. La première fois, en 1983, 18 artistes se sont associés avec 18 couturiers pour un défilé pendant le vernissage. En 2001, Courrèges a réalisé le club VIP. Ou plus récemment, on peut noter la participation du Comité Colbert.
Les musées sont également tentés. Hormis le mécénat classique, rares sont les grandes expositions publiques qui font l’économie de l’argent du luxe : “Dada” a été soutenu par PPR, “Vienne 1900″ et Y. Klein à Beaubourg par LVMH. En 2000, par exemple, Thomas Krens, directeur du Guggenheim Museum de New York, brisait un tabou en consacrant une exposition au couturier Armani. Lequel, hasard ou nécessité, versait au même moment au Guggenheim une donation de 15 millions de dollars.